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Europa 20/11/2017

Bélgica: Belges ou Français : qui a inventé la frite ?

Le bâtonnet de pomme de terre est populaire dans les deux pays. Mais son histoire reste encore un mystère. Pierre Leclercq, historien de l’alimentation, nous en livre les clés.

Elle est croustillante, dorée, fondante, salée… La frite, ce bâtonnet de pomme de terre frit dans l’huile, est autant adorée en France qu’en Belgique, et dans le reste du monde. 350 kilos de frites sont consommés chaque seconde sur le globe (1). Intemporelle, elle accompagne volontiers tartares, moules ou burgers. Mais les deux pays frontaliers revendiquent la paternité de cet accompagnement emblématique. Spécialité du nord de la France, mais aussi de Belgique, d’où vient-elle vraiment ? Nous avons posé la question à Pierre Leclercq, historien belge de l’alimentation (2).

D’abord des rondelles...

«Des frites, des frites, des frites.» Comme la famille Tuche, on en raffole, mais citoyens belges comme français ne sont pas d’accord sur l’origine de ces bâtonnets croustillants. Une chose est sûre, les textes s’accordent à dire qu’elles sont nées au XVIIIe siècle. À cette époque, les marchands de rue se promenaient avec des bassines de graisse bouillante dans les rues de Paris. Au même moment, la pomme de terre se popularise grâce à Antoine Parmentier. «Seulement, le mariage pomme de terre-friture est impossible, car la graisse est chère et rare. Ce mode de cuisson est donc accessible uniquement aux classes sociales élevées», nous explique Pierre Leclercq. C’est à la fin du siècle des Lumières que ces vendeurs ont l’idée de plonger dans leur bassine des rondelles de pommes de terre et de les vendre aux passants. Les premières frites sont nées.

... puis des bâtonnets

C’est dans les années 1850 qu’un génie du marketing avant l’heure popularise les frites. Monsieur Fritz (patronyme prémonitoire), marchand forain, apprend à cuisiner des frites dans un restaurant à Montmartre. Il décide de retourner en Belgique pour faire le tour des foires, avec ce que l’on pourrait considérer comme le premier «fritkot», mieux connu sous le terme de «baraque à frites». C’est là que la forme de bâtonnets voit le jour. Dans toutes les foires de Belgique et du Nord-Pas-de Calais, les frites ont du succès et le concept se développe. «Les gens attendaient l’installation des foires pour en manger. C’est rare et exceptionnel, pour l’époque, d’avoir un produit gras, croustillant et bon marché», justifie notre historien.

Pourquoi les Anglophones disent-ils "french fries" ?

Certains Anglophones pensent peut-être que les frites sont françaises, mais il s’agirait en réalité d’un malentendu linguistique : le verbe «to french» signifiant «couper en bâtonnets».

Pourtant, les principaux concernés ne se sont posé la question que tardivement. «Vers 1960, on réunit des témoignages expliquant que la frite a été rapportée par des réfugiés français en Belgique», explique Pierre Leclercq. Français et Belges sont alors persuadés que le produit est bleu-blanc-rouge. «Un article, publié en 1985 dans un média belge, parle de pécheurs qui découpaient les pommes de terre en forme de poisson, au bord de la Meuse, à Namur, vers 1780. C’est à cette période que les Belges ont commencé à s’approprier l’invention du bâtonnet frit salé. Mais il s’agit uniquement d’une pomme de terre cuite à la poêle, et en aucun cas de la pomme de terre frite», dément l’historien de l’alimentation. Alors, pourquoi associe-t-on toujours la frite à la Belgique ? «Très vite, on a associé les Belges aux moules-frites, et c’est resté, assure-t-il. Mais c’est véritablement à la fin de XXe siècle qu’elle est devenue une spécialité dans le pays», explique-t-il.

Quelles différences ?

Et pour cause, Français et Belges ne la consomment pas de la même façon. Véritable symbole national en Belgique, la frite est choyée. «En France, c’est un accompagnement, en Belgique c’est un cornet qui s’achète dans une friterie et qui est un repas à lui tout seul», met en avant Pierre Leclercq. Et si nos voisins belges les dégustent avec les doigts, les Français, eux, préfèrent la fourchette. «En Belgique, on ne peut pas concevoir la préparation des pommes de terre frites sans la double cuisson, et avec des pommes de terre Bintje. Ainsi, elles sont plus croustillantes et bien gonflées. En France, c’est une méthode moins ancrée», assure notre historien de l’alimentation. Enfin, quand bien même la frite serait une invention française, elle reste une spécialité belge, où il y a d’ailleurs plus de 5000 friteries. Musées de la frite, Union nationale des frituristes belges, indice de «fritabilité»... les habitants de Wallonie et de Flandre n’y vont pas de main morte pour défendre leur patrimoine culinaire. Mais soyez rassurés, «on ne mange pas plus de frites en Belgique qu’en France», conclut Pierre Leclercq. Alors, comme dirait Gaston Lagaffe, l’important c’est de garder la patate !

(1) Selon Le Grand Livre de l’alimentation, du Dr Laurence Plumey, Éditions Eyrolles, 576 pages, 23,90 €.

(2) Pierre Leclercq, historien de l’alimentation, auteur et conférencier.

Fuente: http://madame.lefigaro.fr/cuisine/la-frite-est-elle-belge-ou-francaise-histoire-de-la-frite-161117-145607


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