Domingo 15 de Julio de 2018
El portal de la papa en Argentina
10.53%Variación precio
puestos MCBA
  • Intervalos nubososBalcarceBuenos Aires, Argentina
    - 12°
  • Cielos despejadosVilla DoloresCórdoba, Argentina
    - 20°
  • Intervalos nubososRosarioSanta Fe, Argentina
    10° - 18°
  • Intervalos nubososEstacion UspallataMendoza, Argentina
    - 11°
  • Cielos despejadosCandelariaSan Luis, Argentina
    - 21°
  • Cielos nubososChoele ChoelRío Negro, Argentina
    - 11°
  • Cielos nubososSan Miguel de Tuc.Tucumán, Argentina
    - 22°
Ampliar
 Buscador de Noticias
Norte Am. 25/12/2017

EEUU: Des économistes américains célèbrent les vertus pacifiques de la pomme de terre en Europe

Introduite en Europe à partir de 1700, la pomme de terre a révolutionné l’agriculture et conduit à réduire l’ampleur des conflits armés tout au long du XVIII e et du XIXe siècle selon une étude publiée par le NBER.

À l’approche des fêtes de fin d’année il est d’usage de faire de longs reportages sur le caviar et le foie gras, de suivre la langouste à la trace et d’en comparer les mérites avec ceux du homard. C’est une façon de redoubler à l’avance les plaisirs gourmands et de nous mettre l’eau à la bouche. Car la gastronomie nécessite une longue préparation, y compris des fines bouches qui n’ont qu’à mettre les pieds sous la table mais doivent se préparer «au mental» comme disent les entraîneurs de football.

Cette période d’exaltations gustatives est également propice à la célébration de produits certes moins «glamour» mais dont on aurait grand tort de sous-estimer les mérites. Ainsi trois économistes américains, Murat Iyigun, Nathan Nunn et Nancy Qian, viennent-ils de démontrer que la pomme de terre, venue d’Amérique latine, du Pérou très exactement, qui s’est répandue en Europe à partir de 1700 a contribué à diminuer le nombre des conflits armés sur le Vieux Continent pendant au moins 200 ans jusqu’en 1900. Si le lien entre les vertus nutritives d’un simple légume et la conflictualité ne paraît pas évident, la démonstration des trois chercheurs n’en est pas moins limpide. Elle fait appelle à deux mécanismes économiques fondamentaux .

Tout d’abord la pomme de terre a conduit à améliorer grandement la productivité des terres agricoles en Europe. Ce fut même une révolution. On s’en est aperçu pleinement lorsque le mildiou, cette maladie cryptogamique (à ne pas confondre avec les cryptomonnaies!), s’est attaqué aux plantations européennes au milieu du XIXe siècle.; la famine qui en résulta fit notamment un million de morts en Irlande, obligeant en outre 2 millions d’Irlandais à émigrer dans les années 1845-1850. Mais en temps normal, et dans la mesure où les terres fertiles se sont agrandies grâce à la pomme de terre, on s’est moins fait la guerre pour les conquérir car elles étaient devenues plus nombreuses et leur prix avait baissé.

Le deuxième mérite de la pomme de terre est paradoxalement d’avoir rendu les guerres relativement plus coûteuses en raison même de l’enrichissement général, y compris à travers les salaires. Cela grâce aux «patates» . Pour l’expliquer, les trois chercheurs universitaires font intervenir la notion de «coût d’opportunité»: les gains attendus d’un investissement B doivent se comparer aux gains qu’on aurait obtenus si ces ressources avaient été affectées à ceux de l’investissement A. Or la décision de faire la guerre est devenue d’autant plus coûteuse que les ressources nécessaires en hommes se rentabilisaient mieux dans l’agriculture. La «chair à canon», comme on appelle vulgairement la main-d’œuvre des soldats, a vu son prix se renchérir de facto au fur à mesure qu’elle était mieux rémunérée dans l’agriculture.

Cinq siècles de guerres européennes examinées à la loupe

Les économistes américains soulignent bien qu’après 1900 la baisse de la conflictualité armée liée aux gains de productivité des terres agricoles a cessé de jouer, car le poids de l’agriculture dans les économies européennes a commencé à régresser au profit de l’industrie. leur étude s’intitule d’ailleurs Les effets à long terme de la productivité agricole sur les conflits, 1400-1900 (The long-run effects of agricultural productivity on conflict, 1400-1900) et elle publiée par le prestigieux National Bureau of Economic Research.

Ce n’est pas moins de cinq siècles de guerres européennes qui sont examinés à la loupe. Les chercheurs ont créé une base de données identifiant quelque 2447 batailles (ayant fait chacune au moins 32 morts), ces batailles étant elles-mêmes regroupées dans 899 guerres ayant duré plusieurs mois ou plusieurs années sur le Vieux Continent. Ces conflits incluent aussi bien des révoltes paysannes que des affrontements entre États. Sur une période de 500 ans il apparaît alors que l’introduction de la pomme de terre, qui s’est faite à des dates très différentes selon les régions - plus tôt en Allemagne et en Italie qu’en France où les premières plantations datent de 1786 - a conduit à une réduction de 15% de la conflictualité. De même la pomme de terre, du fait de sa culture en sous-sol, est moins détruite par les conflits armés que les céréales notamment.

Les économistes rappellent que l’Europe a également subi un refroidissement de son climat entre le XVe et le début du XIXe siècle, ce qu’on a appelé «le petit âge glaciaire» (le vin gelait dans les verres au Château de Versailles sous Louis XIV). Ce qui a à l’inverse dégradé la productivité agricole et fait monter le prix des terres. Mais cela n’enlève rien, au contraire, aux mérites de la pomme de terre, dont l’introduction tardive en France est liée aux travaux du pharmacien militaire Antoine Augustin Parmentier ((1737-1813).

La recherche des trois professeurs d’Harvard, et des universités du Colorado, et de Northwestern, s’inscrit dans un courant de plus en plus populaire outre Atlantique associant performance agronomies, prix des terres, conflits armés et changement climatique.

Fuente: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/12/20/20002-20171220ARTFIG00146-des-economistes-americains-celebrent-les-vertus-pacifiques-de-la-pomme-de-terre-en-europe.php


Te puede interesar