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Europa 28/09/2022

Francia: Récolte de pommes de terre en Eure-et-Loir : baisse de rendements pour 80% de producteurs

Suite à la sécheresse prolongée et aux nombreux pics de chaleur, la récolte de pommes de terre s’écroule. De mémoires de producteurs, 2022 constitue une année jamais vue auparavant.

Outre la baisse de rendement, la qualité du produit récolté présage d’une germination plus rapide, posant la question de leur commercialisation et de leur consommation au printemps prochain.

« Les consommateurs auront des pommes de terre », rassurent tous les producteurs et les sociétés de conditionnement et de distribution de pommes de terre. Néanmoins, la baisse des rendements pose la question des prix d’achat alors que le coût de production a, lui aussi, augmenté. Autre inquiétude pour les professionnels du secteur : une germination des pommes de terre d’une rapidité « jamais vue auparavant ».

En Beauce (territoire comprenant le sud de l’Essonne, l’Eure-et-Loir, le Loiret et l’Indre selon la classification de l’UNPT), l’Union nationale des producteurs de pommes de terre constate une baisse des rendements pour plus de 80 % des producteurs.

Le climat : cause du déclin

« Cette baisse de rendement est estimée sur le territoire beauceron entre 15 et 30 % dans la majeure partie des cas. Cette variation fluctue selon les dates de plantation, les variétés plantées, mais surtout la climatologie et la possibilité ou non d’irriguer », explique Grégoire Jaquemet, administrateur UNPT, référent de la Beauce.La production a été impactée par des pics de chaleur dès le printemps dernier. Photo: Q. Reix

Au niveau national, « la moyenne est actuellement chiffrée à 20 % de baisse de rendement. Cette perte pourrait même atteindre a minima -30 % pour les surfaces non-irriguées, avec des extrêmes relevés à -50 % » selon un communiqué de l’UNPT. Le ressenti est le même à l’étranger.

« Habituellement, nous comptons un rendement entre 55 et 60 tonnes par hectare. Cette année, nous allons probablement réaliser 40 tonnes/hectare. Les buttes étaient tellement chaudes que les pommes de terre n’ont pas grossi », observe Charles Prieur, exploitant à Bailleau-le-Pin et co-gérant de la société Baïo.

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Une conservation problématique

Cette décroissance de la production est causée par deux éléments : la sécheresse et les forts pics de chaleur constatés tout au long de l’année 2022.

Dès la plantation au printemps, de fortes chaleurs ont été constatées, perturbant la période de tubérisation des plants, en avril, mai et juin. Ce qui a gêné la multiplication des pommes de terre. « C’est le pire impact possible pour nos plants. Le printemps est une période décisive pour leur croissance », déplore Grégoire Jaquement, de l’UNPT et producteur de pommes de terre à Gommerville.Le coût de la main-d’œuvre a, elle aussi, augmenté. Photo : Q. Reix.

Pendant l’été, « la sécheresse ainsi que les chocs thermiques ont continué de créer un stress pour la plante, constate-t-il. Nous avons subi de réels coups de chalumeau. Cela a stoppé la végétation. Les petites pousses ont été avortées au profit des plus grosses. C’est une façon pour le plant de se protéger. Habituellement, nous avons entre 10 et 14 tubercules par plant. Cette année, en Beauce, nous sommes entre 6 et 8 tubercules. »

Heureusement, dans notre région, les autorités publiques ont compris notre nécessité d’irriguer. Sans cela, le constat aurait été encore plus catastrophique.

À la différence de la Beauce, les régions encore plus productrices comme le Nord-Pas-de-Calais et Champagne-Ardenne n’ont pas eu la possibilité d’arroser leurs parcelles.

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Des coûts de production en forte hausse

Outre la chute de la production, ce qui inquiète tout autant les producteurs se trouve être la conservation du produit. « C’est du jamais vu?! Normalement, les pommes de terre connaissent une période de dormance pendant quatre mois avant de germer. Cette année, quinze jours après la récolte, nous commençons à voir une germination. Et ce, malgré la mise en frigo où la récolte est stockée à 4 °C afin de recréer le zéro végétatif du tubercule pour qu’elle puisse être conservée. »

Le producteur émet l’hypothèse d’une potentielle baisse de qualité. « On ne sait pas comment la pomme de terre va réagir dans plusieurs mois. Sur l’étal, si le produit n’est pas beau, le consommateur ne va pas l’acheter. »Le coût de la main-d’œuvre a, elle aussi, augmenté. Photo : Q. Reix.

La trésorerie complexe pour les producteurs les amène à envisager de nouvelles cultures. « Notre investissement à l’hectare est actuellement situé entre 8.000 et 9.000 €/hectare. Il va forcément augmenter suite à la mauvaise récolte de cette année. Si cela dépasse 9.500 ou 10.000 €/ha, cela ne sera plus possible pour les agriculteurs. Pour éviter cela, nous devons recevoir une meilleure rémunération de la part des conditionneurs et des distributeurs. Eux peuvent jouer sur leurs marges. De notre côté, nous n’en avons aucune », revendique Grégoire Jaquemet.

« Certains d’entre nous, vendront leur production plus tôt au plus offrant afin de ne pas perdre en qualité. Les pays d’Europe du Sud, proposent de meilleurs tarifs que le marché français », déclare l’administrateur UNPT.

Eure-et-Loir : pas de pénurie de pommes de terre selon les conditionneurs et distributeurs

L’attractivité de l’étranger

« Certains acheteurs étrangers ont déjà fait appel aux producteurs français », selon Jérôme Peschard, producteur à Trancrainville et également membre de l’UNPT. Les agriculteurs, tout comme les industriels et les particuliers, doivent, eux aussi, faire face à l’inflation grandissante.D’une parcelle à une autre, les rendements et les calibres peuvent varier considérablement. Photo : Q. Reix.

« Cela touche tous les secteurs. Le carburant, l’énergie, les produits phytosanitaires et la main-d’œuvre : tout a augmenté. Nos acheteurs doivent comprendre cela. Si notre prix de vente n’est pas revu à la hausse, plusieurs producteurs se tourneront vers les céréales plus rentables actuellement », confie Grégoire Jaquemet.

« Les distributeurs peuvent jouer sur leurs marges. De notre côté, nous n’en avons aucune. »

GRÉGOIRE JAQUEMET (Producteur et administrateur UNPT, référent de la Beauce. )

Le producteur de Bailleau-le-Pin affirme pour sa part vendre ses différentes variétés de pommes de terre « entre 50 et 80 cts/kg. Les magasins vendent actuellement entre 1,30 € et 1,50?€/kg. Selon les fluctuations du marché et leurs promotions, les grandes surfaces sont, elles, capables parfois de vendre à un prix plus bas que le mien. Moi, je ne spécule pas. Je vends selon mon coût de production. Mon prix en vente directe ne bouge pas. Par respect pour mes clients qui sont fidèles depuis longtemps.  »

En chiffres :

8.700hectares ont servi, en 2020, à la culture de pommes de terre en Eure-et-Loir.

422.400tonnes de pommes de terre ont été récoltées en 2020 en Eure-et-Loir.

400à 500 producteurs de pommes de terre sont présents sur le secteur de la Beauce (Essonne, Eure-et-Loir, Loiret, Indre).

600.000à 800.000 tonnes de pommes de terre sont produites chaque année en Beauce. L’Eure-et-Loir est le principal producteur de la région.

10 %des pommes de terre françaises sont produites en région Centre-Val-de-Loire.

5 millionsà 6 millions de tonnes de pommes de terre sont produites chaque année.

1.200 hectaresde la surface cultivée pour les pommes de terre servent à l’unité de conditionnement de Pom’Alliance au Puiset.

18 %à 20 % du prix acheté par le consommateur revient à l’agriculteur, selon l’Union nationale des producteurs de pommes de terre.

(*) Source UNPT, Agreste.

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Fuente: https://www.lechorepublicain.fr/chartres-28000/actualites/recolte-de-pommes-de-terre-en-eure-et-loir-baisse-de-rendements-pour-80-de-producteurs_14188583/


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